Bordel de Merde!

Lorient, 5 décembre 1941.

Une chape de plomb s’est abattue sur l’Europe occupée. Rien ne semble pouvoir arrêter le Reich victorieux : après avoir écrasé la France l’année précédente, il est désormais aux portes de Moscou, en Afrique du Nord, en Grèce, jusqu’en Norvège. Seule, l’Angleterre poursuit la lutte, inlassablement. Nombreux sont ceux qui prédisent sa défaite prochaine. Bombardée, assiégée par les redoutables U-booten qui coulent le précieux ravitaillement en provenance des États-Unis, que peut-elle faire ?

Petite ville de pêcheurs de Bretagne, Lorient vit à l’heure allemande. L’État-Major de la Kriegsmarine en a fait sa principale base de sous-marins, et depuis plusieurs mois, des dizaines de milliers d’ouvriers s’affairent à couler les millions de tonnes de béton armé nécessaire à sa construction. Une fois arrivé à son terme, les terrifiants U-booten de l’amiral Dönitz pourront faire escale en toute impunité, avant de reprendre leur moisson sanglante dans les eaux sombres de l’Atlantique. Pour s’opposer à ce projet dantesque, la Royal Air Force lance ses maigres forces dans la bataille. La nuit, ses bombardiers viennent déverser leur cargaison de mort sur le port, mais aussi sur la ville, ses maisons, ses écoles, ses églises, ses habitants qui furent autrefois des alliés. Aveugles, les avions tuent sans distinguer soldats allemands, ouvriers et civils, ensevelis dans leurs maisons, brûlés vifs par les incendies, mutilés par le souffle des explosions.

Non loin du port, le black-out a plongé la ville dans une profonde obscurité. Néanmoins, de la musique filtre encore à travers les lourds rideaux du café « Les délices de l’Orient ». Un rade minable, situé sur les quais, où des matelots de passage viennent trouver un peu de réconfort entre deux traversées. Un bar à putes miteux, à qui l’arrivée des sous-mariniers de la Kriegsmarine a donné une seconde jeunesse.
Plus tôt dans la soirée, des matelots souriants, grands et blonds, enlaçaient les filles tandis que l’électrophone passait Lili Marlen. Il n’y a plus désormais que quelques habitués somnolents ou désabusés, cherchant un ultime réconfort entre les bras mécaniques de quelques prostituées.

Mais pour les clients du bordel, ce soir ne sera pas un soir ordinaire…

Ce jeu vise à recréer l’ambiance d’une maison close et l’ambiance de l’occupation. Les personnages y revivent cette éternelle interrogation : « et moi, j’aurais été collabo, ou résistant ? »

Le jeu a lieu le 5 décembre 1941. A cette époque, tout le monde pense que l’Allemagne est sur le point de gagner la guerre : les allemands sont aux portes de Moscou, une bonne part de l’Europe est occupée, l’Angleterre est asphyxiée par la guerre sous-marine. Les États-Unis ne sont pas encore entrés en guerre, les échecs diplomatiques de l’Angleterre la rendent impopulaire, la figure du Maréchal est auréolée d’une gloire intacte.

C’est un jeu sombre dans une période sombre : les personnages ont tout à perdre, rien à gagner. C’est un jeu historique, aux règles minimalistes, basé avant tout sur le roleplay et les interactions entre les personnages.

En revanche, ce n’est pas un jeu larmoyant. Atmosphère sombre ne veut pas dire absence d’humour, on espère au contraire que ces deux dimensions arriveront à cohabiter. Le jeu ne traite pas non plus à proprement parler de la moralité de la prostitution : nous faisons le pari de considérer que c’est, pour l’époque, un métier nécessaire à la société. Ce n’est donc pas un jeu pulp à base de « putes et nazis ».

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Date / Heure
Date(s) - samedi 2 février 2019
18 h 00

Emplacement
Salle Grandgagnage

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